jeudi 24 août 2023

Discernement

 


 


Par delà les ramures aux tresses d’or lâchées

S’ouvrent ces gouffres bleus,

Et par delà, que sais-je?

Car cet azur n’existe encore

Qu'au revers de mes yeux,

Déversant en mon coeur des nuées fracassées,

Des êtres étranges, grandioses et muets,

De calmes et vastes feux allumés tous les soirs

Où la nuit en silence forge et jette ses astres

Que je cueille parfois du regard sur le seuil.

 

Est-ce là mon trésor, est-ce là mon salaire?

Sont-ce là mes bagages?

La feuille arrachée,

La fleur piétinée

La lune abandonnée,

Et le chant des oiseaux que personne  n’écoute,

Et ceux-là qui sont sourds au vent discret qui passe

N’entendent point sonner les tambours de l’horreur,

Et ceux-là dont la lune ne touche pas le coeur

Ne peuvent discerner le bon grain de l’ivraie,

L’ange du démon, le roi de l’imposteur,

Le chant du boniment,

La pure vérité du mensonge éhonté.

 

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