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lundi 22 février 2016

Loin du ciel

L’abîme s’élargit et le tumulte croît
Sur la terre entière, le grand tohu-bohu…
Mais la France ébahie ne le voit toujours pas
Et n’entend pas les voix de ses anges perdus

Elle ne comprend pas que déjà tout finit
Qu’en bradant son honneur aux bandits de rencontre
Elle dut en concevoir tous ces horribles fruits
Qui, grandis à présent, vont et partout se montrent.

Étrangers à la terre et bien trop loin du ciel
Nous voici pourrissants dans cet entre-deux
Sans idées, sans patrie, sans famille et sans Dieu
Mollusques accrochées au néant démentiel.

Les hordes s’ébranlent, des bandits étrangers
Les chassent devant eux, de malfaisants bergers.
Nos chefs nous trahissent, sans foi depuis longtemps,
Sans lois et sans honneur, pour des deniers d’argent.

Le désordre et la peur précèdent leur cortège,
On leur donne les clés, on leur livre nos filles.
Pour ne pas voir cela, maintenant m’en irai-je,
Avec pour bagage mes photos de famille ?

Adieu, pauvre pays, ma chère vieille France
Qu’au flanc de tes collines, la lanterne de pierre
Qu’éclaire doucement ce discret monastère
Te garde un peu de foi, et de belle espérance...




Aigues-Mortes, Saintes-Marie


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Aigues-Mortes, Saintes-Marie,
Douces rives de belle France,
Où sur les frissons blancs des vagues assoupies
De grands oiseaux de mer doucement se balancent

Aigues-Mortes, Saintes-Marie
Sous le grand mistral départies
A vos vitraux d’azur le soleil accroché
Répand le sang brûlant de ses rayons blessés

Aigues-Mortes, Saintes-Marie
Aux quatre vents bien élargies
Reviendra-t-il jamais le saint roi d’autrefois
Dans sa robe de lys, sur son blanc palefroi ?

Aigues-Mortes, Saintes-Marie
Verrons-nous demain déferler
Sur vos ruines de sel blanchies
De sombres foules d’étrangers ?

De conquérants et de bandits,
De bateleurs et d’usuriers,
Qui vendront vos fils au marché
Sous notre soleil du midi ?

Cavillargues 2015