dimanche 23 décembre 2012

Quelque part dans Moscou…



 

Brumes garnies de soir et de doux flocons blancs,

Au front gris de l’église dérivant doucement

Dans le pâle brouillard de l’hiver en prière,

Vitres bleues s’incrustant dans le froid béton rose

Au lit des nuées mauves la lune se repose,

Les feux crus de la ville trouent ses marges d’argent.

 Pas à pas cet errant cherche un banc froid par là,

Un banc froid pour mourir loin de tous ces gens plats,

Face à l’ange dressé qui d’un revers de bras

Sabre aux abords du fleuve les nœuds des avenues

Brillantes et cabrées, puantes et têtues,

Longs serpents bigarrés,  émissaires du diable,

Jetant dans la fumée des gueules innombrables.

Par-dessus tout cela, une étoile fugace

Bat au ras de la nuit, comme un cœur dans la glace,

Seule, pure et lointaine, brillante, inaccessible,

Sonne au fond de l’abîme notre glas inaudible.

 

Où s’en va ton esprit,

O vagabond transi,

Qu’a-t-il pris avec lui

Dedans ton cœur meurtri ?

Que s’est-il donc passé

Qui t’a ainsi jeté,

Dessus ce banc glacé,

Face au ciel absolu,

Que tu ne verras plus ?

 

Fais encore quelques pas

Pour trouver dans mes bras,

Les braises du foyer

Que j’ai su y garder,

A l’endroit de mon sein

Que tu figeas soudain

D’un regard trop lointain,

Refais donc ce chemin

De ton cœur jusqu’au mien.

Nos tristes lendemains

Ne chantent vraiment plus,

Et nous voici très nus,

Face à la mort qui vient.
 

Moscou 2009

 

 

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