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jeudi 16 juin 2016

Secret brasier

Sous la cendre des ans couvait ce brasier rouge
Feu sourd de tourbière qui ronge, souterrain,
Les arbres dont les bras dans les étoiles bougent
Et qui croulent un jour dans les marais soudain…

La braise des amours qui n’ont pas pu flamber,
De la vie méprisée qui n’a pas enfanté
Se rongeant elle-même en son élan captif
Et furent sacrifiés tout ardents et tout vifs
Le corps avec le cœur sur l’autel froid des ans,
L’âme mystérieuse en leurs débris poussant
Une fleur inconnue et déjà presque éclose
Céleste, dévorante et silencieuse rose
En sa stellaire extase offrant un gouffre d’or
Aux semences d’ailleurs, libérées par la mort.

O suprême Poète, en l’abîme absorbant
De ton puissant amour prends-moi toute immature
Je suis toujours restée cet incurable enfant
Qui dès son plus jeune âge adora la nature
Sa terrible splendeur et ses philtres puissants.
Personne n’a voulu de cet amour sauvage
Qui vivace croissait comme la fleur des champs
Mais restait confiné dans cette triste cage
Qu’était pour lui mon corps délaissé et pourtant
J’avais des grands mystères la clé d’or et l’accès,
Je savais les chemins des sources et des laves,
Leur pur scintillement et leurs brûlants secrets,
Dedans les gouffres noirs et les anciennes caves.
Je savais en naissant l’amour et ses merveilles,
Ses ténébreux dangers, ses splendides issues,
Ses souffrances pour moi demeurées sans pareilles,

L’extase qui toujours me restait défendue.

dimanche 10 avril 2016

La fin du jour



Les voici déferlant, ces ténèbres pressées
De marcher sur les fleurs éparses de nos fêtes,
Aux murs de nos cités de suspendre nos têtes,
Sans relâche traquant les lueurs oubliées
Des printemps d’autrefois et les promesses claires
Faites aux cœurs d’enfants,  de chemins de lumière
Que leur ont interdits trop de furieux démons…
A l’issue de mes jours, je guette l’horizon
D'où nous viendra la fin.
La fin de tout s’élance, elle est noire et puissante,
Plus rien ne la retient
Elle lâche sur nous, meute tonitruante,
Ses hérauts et ses chiens.

Je meurs sans descendance et j’en rends grâce à Dieu,
Sur l’autel de Moloch, je n’étendrai personne.
Pas de fille soumise au plaisir des messieurs,
Pas de garçon brisé par le canon qui tonne.





vendredi 25 mars 2016

Acédie



Mon cœur est sourd
Comme le plomb
Etanche et lourd
Et sans passion.

Lampe sans feu
Miroir sans tain
Des vieux chagrins
Vide de Dieu.

Pourquoi Seigneur
Me laisser choir
Dans ce trou noir
Et sans lueur ?

Je n’ai plus l’âge
Et plus l’élan
Me voilà sage
Bon an mal an.

Et je n’ai plus
Ne t’en déplaise
Trop de vertu
Pour les ascèses

Mon petit cœur
Fuit la douleur
Au bel instant
Prend son bonheur.

En attendant
L’heure dernière
Je lève au temps
Encore un verre.


Cavillargues 2015

Un moment encore

Сerisiers en fleurs, aquarelle de l'auteur, série cartes postales


De jour en jour vont s’éclairant
Au fil des champs les cerisiers,
Sous le grand vent, bien regroupés,
De place en place tournoyants.

Leurs sombres bras entrelacés
Retiennent les flocons vibrants
De l’hiver enfin prisonnier
Aux filets fleuris du printemps.

Entre les vignes décharnées
L’euphorbe et le gai pissenlit
Défient la terre empoisonnée
De leurs feux vivants et surpris.

Aux plis murmurants de l’azur
Tintent les grelots des oiseaux
Qui s’éveillant au matin pur
Tressent leurs sonores écheveaux.

Tout est calme et normal encor
Tout vit l’instant, vaste et profond,
C’est dans l’extase que la mort
Saisit le brillant papillon.




vendredi 11 mars 2016

Vers le lac

Le lac Plechtcheïevo, photo de l'auteur

J’irai finir mes jours aux rives boréales
De ce grand œil d’azur béant sur les nuées
Mirant dessus l’eau lisse leurs draperies nuptiales
D'ombres et de rayons subtilement ornées.

De pourpre et d’or vêtu, le blond soleil du nord
S’en viendra sur les flots choisir la fiancée
Qui dans l’embrasement de son céleste corps
Concevra le matin dedans la nuit couchée.

Et je me souviendrai, devant l’espace ouvert,
De la mer vivante et douce, des rivages
Où j’allais tout enfant cherchant des coquillages
Dans la tiédeur salée, dans les parfums amers.

Large mer des larmes, ma douce France enfuie
Je m’écarte de toi comme on quitte un tombeau
Sur nos tendres années implacablement clos,
Gisant silencieux en notre terre trahie.


vendredi 4 mars 2016

Donbass



Ils vivaient comme nous, travaillaient et mangeaient
Saluaient au matin le voisin, le facteur
Et croyaient comme nous qu’un pareil malheur
Ne pourrait, Dieu merci, jamais leur arriver.

Et quand les chars de fer roulèrent dans leurs rues
Ils ne crurent encore pas que c’était du sérieux,
Ils allèrent tenter d’arrêter à mains nues
Ceux qui venaient ainsi les agresser chez eux.

Mais c’était du sérieux, on leur tirait dessus.
Horrifiés, indignés, ils criaient et juraient,
Ou bien, les bras levés, ils invoquaient Jésus
Devant le museau vert de ces dragons d’acier.

Puis le feu, le phosphore, les balles et les bombes
Et les bourreaux brutaux aux stupides yeux froids,
Les chassèrent ébahis dedans les catacombes
Pour encore un moment échapper au trépas.

Leur vie n’avait soudain plus aucune valeur
D’hier jusqu’à demain, une suite d’instants
Cette jolie maman et son bébé rieur
Fauchés sur le chemin gisent dedans leur sang.

En un éclair périssent ceux qu’on aimait si fort
Qui donnaient à la vie son sens et son essor
Abattus sans pitié par les équarisseurs
Des retors usuriers et des marchands d’horreur
Qui firent cet holocauste à leur sombre seigneur.

Donbass, métallurgie, ferraille,
Mines de charbon, prolétaires,
Ces petites gens qui travaillent
Dans une morne fourmilière,

Tu ne nous fais pas rêver…
Pourtant de ce simple terreau
Surgissent ces anciens héros
Qu’on voit le sabre levé,
Sur les images du passé,
Avec les croix et les bannières,
Garder leur foi, et puis leur terre…


lundi 22 février 2016

Loin du ciel

L’abîme s’élargit et le tumulte croît
Sur la terre entière, le grand tohu-bohu…
Mais la France ébahie ne le voit toujours pas
Et n’entend pas les voix de ses anges perdus

Elle ne comprend pas que déjà tout finit
Qu’en bradant son honneur aux bandits de rencontre
Elle dut en concevoir tous ces horribles fruits
Qui, grandis à présent, vont et partout se montrent.

Étrangers à la terre et bien trop loin du ciel
Nous voici pourrissants dans cet entre-deux
Sans idées, sans patrie, sans famille et sans Dieu
Mollusques accrochées au néant démentiel.

Les hordes s’ébranlent, des bandits étrangers
Les chassent devant eux, de malfaisants bergers.
Nos chefs nous trahissent, sans foi depuis longtemps,
Sans lois et sans honneur, pour des deniers d’argent.

Le désordre et la peur précèdent leur cortège,
On leur donne les clés, on leur livre nos filles.
Pour ne pas voir cela, maintenant m’en irai-je,
Avec pour bagage mes photos de famille ?

Adieu, pauvre pays, ma chère vieille France
Qu’au flanc de tes collines, la lanterne de pierre
Qu’éclaire doucement ce discret monastère
Te garde un peu de foi, et de belle espérance...




Aigues-Mortes, Saintes-Marie


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Aigues-Mortes, Saintes-Marie,
Douces rives de belle France,
Où sur les frissons blancs des vagues assoupies
De grands oiseaux de mer doucement se balancent

Aigues-Mortes, Saintes-Marie
Sous le grand mistral départies
A vos vitraux d’azur le soleil accroché
Répand le sang brûlant de ses rayons blessés

Aigues-Mortes, Saintes-Marie
Aux quatre vents bien élargies
Reviendra-t-il jamais le saint roi d’autrefois
Dans sa robe de lys, sur son blanc palefroi ?

Aigues-Mortes, Saintes-Marie
Verrons-nous demain déferler
Sur vos ruines de sel blanchies
De sombres foules d’étrangers ?

De conquérants et de bandits,
De bateleurs et d’usuriers,
Qui vendront vos fils au marché
Sous notre soleil du midi ?

Cavillargues 2015





lundi 23 novembre 2015

Veille du jour dernier

Ces nourrissons éparpillés
Dans la poussière
Ne sauront pas le goût du lait
Doux de leur mère…

On s’en est venu nettoyer
Comme vermine
Hôpitaux et maternités
Réduits en ruines.

Car si nous sommes tous égaux
C’est dans la mort
Que cachent tous les jolis mots
Des compradors.

Nos seigneurs ont besoin sur terre
De tout l’espace
Les voici partis pour se faire
Beaucoup de place.

Rira bien qui mourra dernier
Sur les décombres
Croient les sectateurs acharnés
Du côté sombre.

Bourdons, abeilles, doux oiseaux
Pour eux volerez-vous encore
Quand sur des milliards de tombeaux
Se lèvera leur triste aurore ?

Ou bien n’auront-ils plus alors
Que nos ossements à ronger
Dans les espaces dévastés
Par leurs sinistres plans de mort ?

Qu’auront-ils donc à contempler
Tous ces vampires rescapés
Dans la ruine et dans la cendre
Que leur restera-t-il à prendre ?

La terre par eux saccagée
Sera leur éternel enfer
Quand Dieu nous aura transférés

Dans son insondable univers.

vendredi 25 septembre 2015

Sébastopol



la mer à Sébastopol, tableau de Bato Dougarjalov

Quand je serai partie, tout ceci
N’aura plus la même importance
Loin du passé, j’aurai fini
De plier ma lointaine enfance…

Celle des photos, des disparus
Des souvenirs de la vraie France
Des doux instants du temps perdu
De la mer et puis des vacances
Des cousines et des cousins
Des jolies tantes envolées
De nos joies et de nos chagrins
Qu’emportent au loin les nuées…

Je serai loin, je serai seule
Devant cette mer orientale
Et n’ouïrai plus grincer les meules
Qui broient ma patrie puis l’avalent.

A Sébastopol, sur la grève,
Face au Turc, avec les cosaques,
J’effeuillerai mes derniers rêves
A l’ombre de l’ultime attaque.

Saurai-je enfin faire mon deuil
De la France et de la Russie
De tout ce qui nourrit ma vie,
Avant de m’étendre au cercueil ?

Et ne plus taquiner la Muse
Qui n’entend pas les langues mortes
Me taire au seuil de cette porte
Par où déjà les rayons fusent ?

Aspirer au départ prochain
Pour cette patrie des chrétiens
D’ici, d’ailleurs et d’au-delà
Qui ne connaît pas d’autrefois ?

Pas d’autrefois et pas de fin
Ni destructions et ni massacres
Mais l’éternel et blanc matin
Du présent drapé dans Son sacre…

Un arc au ciel

Saint-Pons-la-Calm; photo de l'auteur


De tous ces plats d’argent renversés sur les champs,
Coule le lait de la lumière qui s’étale
Et dans les blancs remous de cette gloire pâle,
De scintillants oiseaux montent tourbillonnants.

Au loin, l’ourlet bleui des collines dormantes
Borde de noirs labours et des vignes crispées
Les nuées soulevées basculent chancelantes
De lourdes draperies au nord ouest épanchées

Et sous leurs plis violets s’esquisse l’arc-en-ciel
Iridescent chemin de la terre à la pluie
Dont mon regard poursuit le trajet irréel
Dans l’allègre silence où je vais et je prie.

Glissent entre mes doigts les noms des morts anciens
Et par delà les ans pleure encore mon cœur
Tous ces gens dont les os ne représentent rien

Et dont Dieu recueillit l’essentielle teneur.

Pressentiment

Du côté de Mas Carrière; aquarelle de l'auteur


Il est des jours d’été pleins d’automne secret
Comme au sein d’un beau fruit l’obscur noyau repose
Leur lumière est plus douce et leur vent est plus frais,
Je ne sais quel mystère imprègne toutes choses.

Sur le ciel trop brûlant passe un voile doré
Qui donne à la nature un fond glorieux d’icône,
Les arbres s’illuminent et les prés desséchés
Font au nimbe solaire un drap de paille jaune

Et mon cœur s’éclairant pareil au verre frêle
De la lampe allumée couvant la jeune flamme,
Laisse monter sereine à timide coups d’ailes
La lente adoration qui embrase mon âme.



Joyeux Noël




Ils n’aiment pas le petit Jésus,
Qui dort entre le bœuf et l’âne,
Les étoiles au ciel pendues,
Les angelots blonds et diaphanes.

Ils n’aiment pas les blancs moutons
Qui suivent le berger sévère,
Et pas non plus la poissonnière
Ni tout le peuple des santons.

C’est le peuple qu’ils n’aiment pas
Ses églises et puis ses calvaires,
Ses ancêtres au cimetière,
Les souvenirs qu’ils n’ont pas.

C’est la terre qu’ils n’aiment pas,
Et qu’ils nous ont privée de voix,
Et puis le ciel bleu par-dessus,
Qui leur blesse par trop la vue.

Ils n’aiment pas la vie qui sourd
Des moindres failles du béton,
Tout ce qui brûle avec passion
Et sanctifie le fil des jours.

Ils sont laids, morts, méchants et bas
Mais on n’entend plus que leurs voix,
Leurs mille voix dans le désert
De nos pays prêts à la guerre.

Petit Jésus de mon enfance,
Ouvre-nous ton blanc paradis
Prends avec toi tous les ravis
Qui conservent leur innocence.

Les bonnes gens de mon pays
Que méprisent les malandrins
Leurs chantres et puis leurs putains

Rends-leur la source de la vie.

La novice

Silencieuse, effacée, humble, mal fagotée
On la voyait parfois sourire aux anges vus
D’elle seule, dans l’ombre où des lueurs dorées
Glissaient sur le cours lent des psaumes tant relus
Par de paisibles voix. Mais voici qu’aujourd’hui,
Debout devant le père, elle recevait l’habit.
Il lui poussait soudain de grandes ailes noires
Qui la portaient, fervente, un cierge entre les mains,
Et la voyant si belle on avait peine à croire
Que ce fut là vraiment son choix que ce destin,
Car jamais ne parut de radieuse épousée
Resplendir autant qu’elle en sa sombre voilure
Qui portait en ses plis sa brillante figure,
Ainsi qu’un pain béni de lisse pâte ornée,
Et la fleur épanouie du cierge en ses mains blanches
Comme une frêle étoile en la nuit qui s’épanche.

Dehors sur le grand ciel, une lune aveuglante
Jetait des feux inquiets sur les astres épars.
Et de sourdes nuées courant de toutes parts
Mordaient le vide bleu de leurs gueules béantes.
C’était au firmament grandiose et ténébreux
Trop de lumière vive et de noir mouvement,
La froide frénésie des démons impudents
Qui venait obscurcir l’orbe effarée des cieux.

Et mon cœur se serrait devant cette splendeur
Inhumaine, terrible et soudain je pris peur.

Notre fragile église au tréfonds de la nuit,
Abritait en ses flancs la dernière lueur
Les derniers oiseaux blancs des mystères enfuis
Les derniers souvenirs des anciennes ferveurs
La secrète promesse avant les temps maudits
De guerre et d’injustice et de profond malheur
De l’aube irrésistible et du jour épanoui.

…


Au firmament d’été, l’étoile de Noël
Au bout de deux mille ans s’en revenait briller
Et je guettais le soir dans le gouffre du ciel
L’étincelant éclat venu nous annoncer
La fin. Le grand Retour. Le jugement dernier.
Dans l’illusoire paix du village assoupi,
Loin du fracas ferreux du monde abasourdi
Sous l’épais édredon des ultimes mensonges
Inconscient des démons acharnés qui le rongent,
J’entendais se lever de silencieux appels.



dimanche 20 septembre 2015

Concentrés pour mourir



Ils naissent dans des cages et n’en sortent jamais
Seuls dans l’obscurité, ils attendent la mort
Que viennent leur donner de petits êtres laids
Dont le cœur est fermé à leur terrible sort.

Leur vie est un enfer, sans aucune lueur,
D’heure en heure plus affreux jusqu’à l’ultime horreur
De leur dernier supplice et tout cela pourquoi ?
Pour que de gros richards s’en mettent jusque là.

Que leurs froides femelles
Parent leur vanité
Des dépouilles mortelles
D’innocents écorchés.
Que de pâles modèles
Sur du papier glacé
Affichent des beautés
Qui ne sont pas pour elles
Des trophées obtenus
Sans gloire et sans honneur
Dans les cachots perdus
De ces équarrisseurs,
D’un côté la douceur
De ces peaux arrachées
De l’autre le malheur
Des bêtes torturées,
Les atours ridicules
Et l’argent qui circule
Des histoires de gros sous
Qui nous justifient tout.




vendredi 19 septembre 2014

L'orée des flots



Partir, repartir, encore, toujours…
Non, plus maintenant
Car c’est à présent
La fin de mes jours
Qui commence
Dernières vacances
Sur la plage vide
On fait les cent pas
Les cent heures,
Les cent mois
Et les vagues alentour
Portent et dispersent ceci, cela
Un portrait, un objet, le chien, le chat…
Et butent sur mon cœur et butent encore,
Cognent et se retirent…
Tant va le cœur aux larmes, 
qu’à la fin, 
il se brise.

II

Dans le sel de ses larmes
 La sirène trouva son âme
Je le sus tout enfant
Et pleurai soixante ans.
Dérivant dans la barque sans rames
Que fut ma vie et cette âme
Sans trêve allait  croissant,
Donnant ses fruits amers
Solitaires et brillants
Sur l’écume du temps
S’en va les ramassant
L’ange aux vêtements clairs
Qui me suit pas à pas
Et disparaît parfois.

Ou bien je perds sa trace dans le brouillard béant
Des pensées affolantes, des soucis tournoyants
Ah mon Dieu ce chemin si rapide et si lent
Qui va d’hier jusqu’à demain, grignotant le présent !





Oiselles de mauvais augure






Tapis dans leurs bureaux, de vieux démons sournois
Les envoient parmi nous, mégères dépoitraillées,
Insulter nos martyrs, profaner notre foi
Jetant à tous échos leurs clameurs éraillées,
Succubes éhontées, subalternes catins
Qui s’en vont salissant tout le genre féminin.
Et nous les font passer pour de fières héroïnes
Des satrapes vendus aux mines constipées
Qui bradent leur pays et méditent sa ruine
Derrière les faux discours, les écrans de fumée.
Diligents, les propagent de grands bonimenteurs
S’engraissant de la chair pourrie du déshonneur,
Nous donnant pour emblème en ces prostituées,
Le vice et le mensonge, l’intrigue et le scandale
Dont la foule inconsciente et bien conditionnée
Ne peut plus discerner la direction fatale.